Bomolet, marque de course à pied fabriquée en France et éco-responsable

« Réglo », c’est peut-être le mot clef pour comprendre la philosophie de Bomolet. Ça lui va plutôt bien parce que dans ce mot, il y a « équitable » et « intègre », mais aussi « simplicité » et « humilité »: tout ce que dégage Nathan Darly, co-fondateur de Bomolet. Bomolet, la marque de course à pied fabriquée en France et éco-responsable, tient-elle toutes ses promesses ? A vous de juger.

Bomolet, le running made in France et réglo

Lorsqu’on a demandé à Nathan Darly, co-fondateur de Bomolet, de définir la marque de manière concise, il nous a répondu :

 « Bomolet c’est le moyen d’avoir des vêtements de sport réglo, qui respectent les Hommes et la planète. En choisissant Bomolet, tu as la garantie que chaque personne qui a contribué à fabriquer ton produit est rémunérée correctement. Et tu as la garantie d’un impact environnemental moindre, parce que ton produit est fabriqué en France à partir de matière recyclée. »

Voici l’histoire et la démarche de cette nouvelle marque.

Le t-shirt Réglo de Bomolet
Le t-shirt Le Réglo de Bomolet

Les deux déclics qui ont conduit à Bomolet

Bomolet prend source dans la passion de la course et l’état d’esprit de ses fondateurs, Nathan Darly et Flavien Thouroude, mais également dans deux de leurs expériences personnelles.

Ils ont eu une première étincelle lors d’un voyage aux Philippines au cours duquel ils ont pris conscience de l’impact de la pollution plastique.

De retour en France, pour le moins entreprenants, ils ont lancé une pétition pour un « social score » dans le textile (une note à l’image du Nutri-score pour informer le consommateur sur l’impact environnemental et social du produit). Ça a été le deuxième déclic. Car la pétition n’a pas atteint son but mais a tout de même réuni pas moins de 30 000 signatures !

Désormais, Nathan et Flavien étaient assurés que leurs aspirations étaient largement partagées et qu’ils pouvaient initier un puissant mouvement collectif.

À l’aide de beaucoup de travail et d’opiniâtreté, ils ont réussi à créer une nouvelle marque de textile running fabriquée en France, entièrement co-construite et éco-conçue.

Bomolet : une marque co-construite

Pour chacun de ses produits (tee-shirts, shorts, chaussettes), Bomolet sollicite sa communauté pour connaître ses souhaits, notamment en termes de design ou de spécificités techniques. Cette communauté rassemble aujourd’hui quelques milliers de coureurs.

Cette démarche de co-construction a largement contribué au succès de la première campagne de financement participatif au moyen de laquelle le premier tee-shirt de course à pied Bomolet a été lancé en janvier 2021.

Si tu cours, vas sur le site de Bomolet pour co-construire avec les autres coureurs les prochains modèles de la marque.

Bomolet, marque de running fabriquée en France, éco-responsable et conviviale, made in France
Bomolet réunit une communauté de coureurs

Bomolet : une marque entièrement éco-conçue

Bomolet s’inscrit dans l’économie circulaire et responsable. Le fil est issu de bouteilles plastiques recyclées.

Les bouteilles en plastique sont collectées, recyclées et transformées en fil textile dans la région du Piémont, en Italie (à 300km de Lyon).

Ce fil textile est ensuite envoyé à Bourgoin-Jallieu pour être tricoté afin d’obtenir un tissu technique.

Un t-shirt Bomolet du modèle Réglo est ainsi fabriqué à partir de 12 bouteilles plastique.

Le design, le tricotage, la conception, les finitions et évidemment la logistique… toutes ces étapes qui font ton produit Bomolet sont situées en France (95% de la valeur est en France).

Le packaging est sobre (uniquement le nécessaire : une enveloppe en carton, fabriqué en Europe, recyclé et recyclable).

Pour boucler la boucle, Bomolet prépare même un service de réception et recyclage de ses produits…

Enfin, cerise sur le gâteau, si tu habites sur Lyon, tu as toutes les chances que ton produit Bomolet te soit livré en vélo par les fondateurs en personne !

Difficile d’être plus cohérent et (positivement) jusqu’au-boutiste.

L’interview de Nathan Darly, co-fondateur de Bomolet

Nathan Darly (ND), co-fondateur souriant et spontané de Bomolet, nous a tout dit sur sa marque et son engagement pour l’équipement de sport fabriqué en France. 

Nathan Darly (à gauche) et Flavien Thouroude (à droite), fondateurs de Bomolet
Nathan Darly, à gauche, et Flavien Thouroude, à droite, co-fondateurs de Bomolet.

JEF : Peux-tu expliquer votre processus de co-construction avec les coureurs ?

ND : Dès le début nous avons voulu une marque qui plaise à tous les runners et pas à nous uniquement. On réalise donc de nombreux questionnaires via les réseaux sociaux, couplés à des visios individuels et du testing des prototypes. Les gens nous disent, par exemple, ce qu’ils attendent d’un bon short, ce qu’ils aiment sur leur short actuel et qu’ils voudraient retrouver, ou au contraire ce qui leur manque. Ça permet à tout le monde de prendre part à l’aventure, bien sûr les gens en sont hyper contents. Le succès de Bomolet on le doit à notre communauté. C’est notre marque mais aussi celle de notre communauté.

JEF : Tu as un exemple concret de demande de la communauté que vous avez pris en compte ?

ND : Oui. Pour les chaussettes Bomolet, Flavien et moi nous ne savions pas si renforcer les pointes et les talons par de la bouclette [un type de couture aussi appelé point de bâti tailleur] étaient une vraie attente de notre communauté. Lors des échanges avec elle, beaucoup de coureurs ont exprimé ce besoin. On l’a donc fait.

JEF : Pourquoi l’implantation en France quand on peut produire pour moins cher ailleurs ?

ND : Le choix du made in France a été une évidence. Il y a un passé historique dans le textile en France. On veut valoriser et préserver ce savoir-faire. En ce sens, c’est un choix du cœur. Par ailleurs, on peut faire un tee-shirt en France. Du coup, [expression signifiant l’absurdité] pourquoi s’embêter à aller le faire faire au bout du monde ?… En fabriquant en France, on rencontre plus facilement nos partenaires. On est, avec eux, en relation main dans la main. Le fournisseur de tissu, par exemple, est à Bourgoin Jailleux à trente minutes de chez nous. Tous nos produits sont confectionnés en France et 95% du cout de revient est français. Seul le fil vient d’Italie, de la région du Piémont. Au final, c’est assez proche de notre site d’implantation à Lyon et ça n’est pas plus mal, car si le fil venait de Lille le transport serait plus important.

JEF : Peux-tu nous expliquer la mise en œuvre de votre démarche d’éco-conception ?

ND : On essaye de faire un produit qui aie le moins d’impact négatif sur les Hommes et sur la planète. Ça se fait à tous les niveaux. Au niveau de des matières qu’on utilise, avec du fil issu de plastique recyclé. Par le choix du made in France, car, par exemple, nos ateliers respectent des normes environnementales bien supérieures à celles en usage en Asie. Ça se fait également au niveau des emballages que nous essayons de réduire au maximum. Typiquement, le t short Bomolet est livré dans un carton européen recyclé et recyclable. Une enveloppe en craft non recyclée aurait coûté moins cher. On aurait aussi pu mettre du papier de soie autour du t-hirt pour que ce soit plus joli. Mais c’est inutile parce que le tee-shirt n’a pas besoin de cette protection, il ne va pas se casser. Donc on a réduit au maximum ce genre de choses inutiles. Ça se fait aussi au niveau de la durabilité du produit. On veut faire des produits ultra quali : avec les meilleurs matériaux, les meilleures techniques de montage, l’ajout de surpiqures à certains endroits. Le produit doit durer dans le temps et au-delà de seulement un à deux ans d’utilisation. Nous pensons aussi au packaging, à la livraison, etc… jusqu’à la fin de vie du produit. C’est une démarche globale.

JEF : Justement, tu peux nous en parler de la fin de vie des produits Bomolet ?

ND : Le problème, dans le tee-shirt de sport en général, c’est le mélange des matériaux. Par exemple, un tee-shirt en polyesthère et élasthane est confortable mais ne se recycle pas car la séparation des fils est trop compliquée. On travaille activement à un sourcing matière qui permettra de s’affranchir de cette contrainte. De plus, actuellement nous travaillons avec des partenaires pour qu’à l’avenir nos tee-shirts en fin de vie nous soient renvoyés et que nous leur donnions une seconde vie…

JEF : Faîtes-vous le lien entre votre engagement pour l’environnement et votre communauté de coureurs ?

ND : Oui, nous organisons deux types d’événements. Les Petit’jogs pour faire de petites foulées conviviales sur Lyon, mais aussi les Éco’jogs, pour sensibiliser les coureurs et leur permettre de s’engager. Tous les premiers samedis du mois, on rassemble une trentaine de coureurs pour un jogging au cours duquel on ramasse les déchets. On l’a fait à l’occasion du World clean up day, le 18 septembre dernier, et on a eu la chance d’avoir la participation du champion du monde de 800 m Pierre-Ambroise Bosse. Ce jour là nous avons ramassé 600 kg de déchets !

JEF : On pense avoir trouvé une autre caractéristique à Bomolet. Ça a l’air d’être une marque pour runners cools. C’est juste ou pas ?

ND : Complètement. Pour nous c’est important de prendre du plaisir dans ce qu’on fait. On est comme ça au quotidien, on ne se prend pas la tête. Disons qu’on fait les choses sérieusement mais sans se prendre au sérieux, et la marque est à notre image. Si la communauté grossit et que les retours sont bons, c’est que certains se reconnaissent dedans.

JEF : Votre démarche est vraiment super. On approche de la dernière question, mais avant j’aimerais t’en poser une qui fâche parfois. C’est celle du prix. Le premier frein à l’achat de made in France, avec la méconnaissance des marques, c’est le prix.

ND : On est complètement d’accord. Les marques de la fast fashion nous ont trop habitués à des prix trop bas. On ne connait plus la vraie valeur des choses. En tant que consommateur, quelle valeur accorde-t-on à toute la chaîne de production quand on achète un tee-shirt à 4 euros ? Quand on achète un tee-shirt Bomolet à 65 euros, dans ce prix il y a le savoir-faire français, les couturiers qui ont bossé dessus, les matières premières, le transport… Nous espérons que le consommateur se réhabituera au vrai prix des choses et reconnaisse l’importance d’une rémunération à sa juste valeur de tous les acteurs de la chaîne. Car, en opposition aux marques comme la notre qui s’efforcent de faire les choses bien, d’autres continuent de pratiquer des prix élevés sans faire les mêmes efforts en terme d’éco-conception par exemple (utilisation de matières recyclées;  production locale, utilisation de packaging recyclés). Elles ne rétribuent pas à leur juste valeur les acteurs de la chaîne de valeur. Je pense notamment aux ouvriers de l’industrie textile en Asie qui ont des salaires qui ne leurs permettent pas de vivre décemment et qui travaillent dans des conditions qui ne sont pas celles que nous avons en France.

JEF : Dernière question : tu es sportif et dirigeant d’une boîte qui fait du matériel made in France. À ce titre, as-tu un message à adresser aux sportifs qui nous lisent ?

ND : Aujourd’hui, avec les acteurs comme Bomolet mais aussi les autres, on peut concilier sport, performance et respect des Hommes et de la planète. C’était peut-être moins vrai avant. Maintenan on peut, alors il ne faut plus hésiter. C’est d’ailleurs pour ça qu’on a lancé Bomolet.

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